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Le Covid sème la pagaille à la crèche

« Depuis le début de l’année, plusieurs crèches du Nord et du Pas-de-Calais ont dû fermer leurs portes en raison de cas de Covid chez les bébés ou chez le personnel. Et les parents s’organisent comme ils peuvent, sans compter la galère de faire tester les tout-petits.

On parle beaucoup des écoles, mais Omicron, hautement contagieux, n’épargne pas non plus les crèches municipales, micro-crèches privées, halte-garderies ou Maisons d’assistantes maternelles (MAM).

Depuis la rentrée, les clusters s’y multiplient. La semaine dernière, à Merville, les Chatons (multi-accueil municipal) ont dû fermer une semaine en raison de six cas de Covid (4 petits et 2 adultes). Même scénario à la Maisonnette Schuman de Lesquin cette semaine.

Les règles qui s’appliquent dans les crèches sont désormains les mêmes qu’à l’école. Le protocole en vigueur date du 15 décembre : dès qu’il y a trois cas positifs issus de fratries différentes, la structure ferme. La décision est prise par le gestionnaire, en lien avec la PMI et l’ARS.

Face au personnel durement frappé, il a parfois fallu réduire les horaires daccueil

À SaintAndréLezLille, les trois crèches municipales, touchées de puis les vacances de Noël, avaient rouvert la semaine dernière... avant de refermer partiellement lundi. «Cest usant pour tout le monde et on fait face à lincompré hension de certains parents », se sole Marie Graceffa, la directrice nérale de Cap. qui gère aussi laccueil périscolaire et la cantine. Jusquici, rares sont les structures accueillant les bébés dont le fonctionnement n’est pas mis à mal par l’épidémie. En effet, face au personnel durement frappé, il a parfois fallu réduire les horaires d’accueil. Par exemple, à Marcq-en-Baroeul, les parents ont reçu un courrier leur demandant de garder leur enfant avec eux les lundis, mardi et mercredis…

Pas une sinécure

Des changements de planning qui perturbent le quotidient des parents. D’où la naissance, avec Omicron, d’un nouveau phénomène : le dépistage des tous-petits… qui n’est pas une sinécure. Jusqu’à présent, les moins de 3 ans étaient rarement testés en cas de symptômes – fièvre, toux et diarhées étant le lot des bébés faisant leur immunité. Mais avec le nouveau variant, des familles décident de tester leur bébé, comme les incitent d’ailleurs certains gestionnaires de crèches. En théorie, le test n’est pas obligatoire. Mais si l’enfant est cas contact, l’accueil reste possible avec un test négatif. Sinon, l’enfant est isolé 7 jours, ce qui représente aussi une perte financière pour la structure.

« Les parents ont deux besoins en ce moment : être rassurés et pouvoir s’organiser« , explique Maria AUbois, l’une des deux référentes Covid de Rigolo Comme La Vie. Une fonction mise en place depuis le début de la crise sanitaire par ce réseau de 40 crèches qui accueillent 1000 enfants et compte 400 professionnels dans la région. Depuis décembre, une permanence a même été mise en place pour répondre aux parents sept jours sur sept : « ça évite à tout le monde une pagaille le lundi matin« , suligne l’infirmière puéricultrice.

« Aujourd’hui dans les crèches, on parle de la « génération Covid » : la continuité de l’accueil est importante pour l’éveil de ces tout-petits qui sont nés avec l’épidémie« , estime celle qui avait dû se résoudre à voir les crèches fermer lors du premier confinement en mars 2020.

L’épidémie aggrave une situation déjà tendu dans des crèches en butte au manque récurrent de personnel. Déjà mobilisées lors de la manifestation des salariés du médico-social du 11 janvier, les auxiliaires de puériculture seront à nouveau en première ligne dans les cortèges prévus ce jeudi. »

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